PSA Aulnay va se délester de 280 salariés

PSA Aulnay va se délester de 280 salariés

Le 19 novembre 2010

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Social

Une annonce «sans surprise» qui inquiète cependant le personnel. Définie une première fois lors du comité d’entreprise du 29 octobre, la réduction d’effectif à l’usine PSA Peugeot Citroën d’Aulnay-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis, concerne 280 postes.

Une compression qui, selon la direction, est la réponse naturelle à la baisse significative de la production de la C3. «On ne prévoit pas de reprise pour la première partie de l’année 2011», anticipe Nathalie Roussel, responsable des relations extérieures de l’entreprise. Depuis le mois d’octobre déjà, l’usine ne fonctionne plus qu’avec deux équipes, contre trois auparavant, mais des sureffectifs subsisteraient.

Ce constat suscite de fortes oppositions chez certains. «La direction crée artificiellement un sureffectif», avance Jean-Pierre Mercier, délégué central CGT. Après la suppression de l’équipe de nuit, quelque 150 salariés autrefois affectés à la production ont été transférés vers des postes annexes. Exemple illustratif à l’appui, le représentant syndical décrit des salariés «hyper qualifiés», des «diplômés en robotique à qui l’on remet un balai dans les mains». Officiellement, la politique de l’entreprise est de «confier temporairement des chantiers d’amélioration aux salariés dans l’attente de leur reconversion ou de leur mobilité interne».

Reconversion et mobilité interne : deux options qui s’offrent aux 280 ouvriers visés par la réduction d’effectif. « On va renouveler les présentations des postes à pourvoir dans les autres sites du groupe, faire témoigner des salariés qui ont fait l’expérience de la mobilité », détaille Nathalie Roussel. Pour les candidats désireux de rejoindre une autre entreprise, le choix n’est pas irréversible : un retour chez PSA est possible avant la fin de leur période d’essai. Et la responsable d'expliquer que le contrat chez le constructeur automobile n’est pas résilié, mais seulement suspendu.

Sauf que l’argumentaire ne convainc pas les représentants du personnel. Jusqu’à fin 2011, le site d’Aulnay est tenu de préserver l’emploi en vertu de la convention sur l’Activité partielle de longue durée (APLD) qui lie  PSA Peugeot Citroën à l’Etat et à l’Unedic depuis l’an dernier. Selon la CGT, la suppression des postes engagée par le constructeur automobile mettrait donc à mal l’accord conclu. La direction s’en défend, objectant que «le parcours professionnel du salarié est sécurisé». Le «dialogue de sourds» n’est pas prêt de se tarir.

Marie Herbet